un quartier, trois années, une question qui grandit
L’Almont est le plus grand quartier de Melun, à un quart d’heure du centre. Des barres et des tours construites au début des années 1970, un centre commercial, des écoles et des collèges, des parcs, une rivière, des gymnases, et La Boussole, centre social et médiathèque. C’est ainsi que les participant·es des premiers ateliers ont décrit leur quartier en 2024 — « on a voulu montrer que l’Almont c’est la vie et que c’est pas que les tours ».
Mon œil sur terre (mOst) travaille à l’Almont depuis 2024 avec La Boussole. Le premier projet, un « Point de vue », a permis aux habitant·es de raconter le quartier avec leurs cartes, leurs photographies et leurs sons. Le deuxième s’est concentré sur un lieu précis, la dalle des Trois Tours, et sur son devenir : « Imagine ton quartier », restitué sous le titre « Dalle, mon futur ». Le troisième, en cours en 2026, élargit le périmètre, documente les premières transformations et prépare la suite.
Ce site rassemble ce qui a été produit, année après année, et s’enrichira au fil des volumes. Les photographies, les cartes, les dessins et les paroles sont ceux des habitant·es. Rien n’a été écrit à leur place.
trois années, trois questions

Observation, récits, photographie argentique, son, cartographie sensible. Onze ateliers avec La Boussole, une exposition dans ses murs.

Du récit à la concertation : cartes du futur, dessins sur photos, micro-trottoirs, premiers aménagements avec Au Milieu et Gygo, exposition sur la dalle et à La Boussole.

Cartographie opérationnelle, mémoire du quartier, film, quinze propositions transmises aux aménageurs — et la préparation d’une phase 3.
la dalle des trois tours
Au pied des trois tours, la dalle est un espace que tout le monde traverse et que peu de gens occupent. En 2024, les participant·es en parlaient déjà avec nostalgie — le café city d’avant, les enfants en trottinette au bas des tours — et avec des manques : des lieux pour se rencontrer, jouer, se poser, trouver de l’ombre.
Quand la question de son réaménagement s’est posée, il était naturel de repartir de là. Non pas demander aux habitant·es de valider un plan, mais construire avec eux les images, les cartes et les paroles à partir desquelles décider.

la dalle des Trois Tours, été 2025, avant les premiers aménagements
quatre partenaires, quatre rôles

La Boussole
L’ancrage. La Boussole connaît les habitant·es, mobilise, accueille les ateliers et fait vivre le projet entre deux séquences d’intervention.

mOst
Les outils artistiques, documentaires et pédagogiques : photographie, son, vidéo, cartographie, écriture, dessin, exposition. Et la transformation des paroles et des matériaux produits en objets visibles, discutables et transmissibles.

Au Milieu
L’interface entre les imaginaires exprimés en atelier et des aménagements transitoires : mobilier, tables, signalétique, premiers usages testés sur la dalle.

Gygo
Les parcelles et les potagers collectifs. Gygo s’appuie sur les cartes et les projections des habitant·es pour penser l’implantation des plantations et animer les temps de création autour d’elles.
Une structure artistique ne se substitue ni aux habitant·es ni aux aménageurs : elle fabrique les outils qui permettent aux expériences habitantes de devenir visibles, discutables et, parfois, opérationnelles.
une méthode qui s’élargit chaque année
La durée fait partie du projet artistique lui-même. Un·e participant·e peut regarder un espace, imaginer sa transformation, constater quelques mois plus tard ce qui a été réalisé, puis revenir dans le projet pour réfléchir à l’étape suivante.

de la parole à la décision
Le risque de toute concertation, c’est que la parole recueillie serve de caution à des choix déjà faits. À l’Almont, l’enjeu est de pouvoir suivre chaque proposition, de sa formulation à ce qu’elle devient :
- une parole ou une proposition habitante
- une carte, un dessin, un entretien
- une transmission aux partenaires
- un arbitrage
- une réalisation, une adaptation ou une impossibilité
- une explication aux habitant·es
Dès 2025, les cartographies et les projections des ateliers ont été utilisées par Gygo pour l’implantation des potagers et par Au Milieu pour les aménagements transitoires. En 2026, quinze propositions dessinées ou photomontées ont été retranscrites pour La Boussole, Gygo et Au Milieu.
six manières d’entrer dans le quartier

la cartographie sensible
Chacun·e dessine sa carte de l’Almont : lieux importants, trajets, souvenirs, espaces aimés ou problématiques. Les cartes individuelles sont mises en discussion jusqu’à une carte collective — moins un outil de localisation qu’un support pour débattre de ce qui fait le quartier, puis de ce qu’on veut y voir apparaître.

la photographie
Cadrage, point de vue, valeurs de plan, composition. Une partie du travail se fait en argentique : le nombre limité de vues oblige à ralentir et à décider de ce qui mérite d’être photographié. Les parcours dans le quartier sont construits à partir de la carte collective.

le son
Initiation à la prise de son et à l’entretien, écriture des questionnaires, micro-trottoirs auprès d’habitant·es de différentes générations. Les paroles collectées élargissent le récit au-delà du groupe d’atelier et deviennent, en 2025, un véritable outil de concertation.

la vidéo
Les entretiens sont écoutés pour imaginer les images qui pourraient leur répondre. Prises de vue numériques et Super 8 dès 2025 ; en 2026, un film à trois temporalités — l’histoire du quartier, la situation actuelle, les futurs imaginés — avec des vidéastes formés aux Ateliers Varan.

le dessin sur photo
Dessiner directement sur les photographies de la dalle pour faire apparaître les équipements, les usages et les espaces qui n’existent pas encore : une balançoire, une fontaine, un snack, un coin pour les personnes âgées.

l’exposition
La restitution n’est pas un événement de fin : elle fait partie de la méthode. À La Boussole et directement sur la dalle, les photographies, cartes, témoignages et dessins montrent publiquement ce qui a été discuté. Les habitant·es peuvent voir, compléter ou contester les propositions.
exposer là où l’on vit
Chez mOst, la restitution fait partie de la méthode. À l’Almont, elle a pris deux formes : une exposition à La Boussole en janvier 2025, dans les murs du centre social-médiathèque ; puis, en septembre 2025, une exposition sur la dalle elle-même — affiches collées sur les murs des passages, portraits projetés la nuit sur les façades, planches accrochées à La Boussole.


ce que dit l’almont
On a voulu montrer que l’Almont c’est la vie et que c’est pas que les tours.les participant·es, 2024
Avant, il y avait le café city, et on y allait pour boire du café, les enfants jouaient et mangeaient. Cet endroit me rend nostalgique.les trois vieilles tours, 2024
J’aime quand les visages curieux apparaissent derrière les vitrines, encore plus quand les gens finissent par descendre nous rejoindre.vitrines, 2024
Dans le futur, je voudrais qu’il y ait des balançoires, des toboggans et des trampolines comme sur l’image.l’almont dans le futur, 2025
Il faut aussi des coins pour personnes âgées comme un espace pour des boules de pétanque.2025
Je veux vraiment un beau quartier, qu’il s’agrandisse car il est tout petit. Je veux que mon quartier s’améliore en 2026.almont en pause, 2025
Notre parc serait le plus connu de France.le plus grand quartier au monde, 2025
Reviens l’année prochaine !yanis, 2025
écouter l’almont
Les capsules sonores fabriquées pendant les ateliers : micro-trottoirs, ambiances du quartier, entretiens avec des habitant·es de différentes générations.
une archive vivante de l’almont
Photographies argentiques et numériques, portraits, cartes sensibles du présent et du futur, cartes collectives, dessins sur photographies, micro-trottoirs, entretiens, premières images vidéo et Super 8, scans des propositions, transcriptions, planches d’exposition : pris ensemble, ces matériaux forment peu à peu une archive des transformations de l’Almont vue depuis ses habitant·es.
Cette archive a vocation à rester accessible dans le quartier. C’est le sens de ce site, et de la phase à venir.
et après ?
La restitution du volume 2 ouvre vers une troisième phase : poursuivre l’expérimentation concrète des usages et des équipements issus des cartes, terminer le film en croisant archives, mémoires habitantes, chantier et scènes de vie, et organiser la transmission de l’ensemble du corpus produit depuis 2024. La question centrale change alors : « Qu’est devenu ce que nous avions imaginé, et comment voulons-nous continuer à habiter l’Almont ? »
qu’est devenu ce que nous avions imaginé, et comment voulons-nous continuer à habiter l’almont ?

